mardi 11 septembre 2012

Boudé internet?

 Boudé internet? Oui et Non? Si c'est que pour roder sur Facebook, Diaspora et meetic,  et lire deux ou trois mails d'ami par jour, oui faut mieux bouder le Net et y venir 1 heure/semaine ! Par contre, si tu participes a des débats, des tchats, que tu écries des articles pour des sites d'information divers, que tu cherches a trouvé l'information par toi même pour avoir une vraie image du monde qui t’entoure et non celle prémâchée et prédigérée par les médias classiques (TV, Radios, journaux payants ou gratuits...) NON ! Il ne faut surtout pas bouder le Net; c'est encore le seul lieu de liberté de pensée et d'information !

Article du Parisien du 11 septembre 2012

 

Pour vivre heureux, vivons débranchés. C’est le credo d’un nombre croissant de Français qui ont décidé de bouder . Ces nouveaux ermites du numérique sont loin d’être une population marginale. Une étude Havas Media, dévoilée ce matin à , dont nous révélons le contenu en exclusivité, estime à plus d’1,7 million ces nouveaux « déconnectés » qui prennent en grippe souris et smartphone, soit 3,4% de la population française*.


L’étude dresse un portrait-robot de ces débrancheurs : des actifs (25-49 ans), plutôt aisés, souvent parents, qui utilisent Internet moins d’une heure par semaine. « Ils ne sont pas dans des comportements radicaux mais dans une logique de stop and go, analyse Dominique Delport, PDG d’Havas Media. Ce sont des pragmatiques qui ont besoin d’Internet pour leur travail, mais veulent chez eux des moments sans connexion. »

Un quart des Français arrivent à survivre sans la Toile


Les expériences de sevrage d’ex-grands accros du Net se multiplient, donnant lieu à des livres édifiants. L’écrivain Thierry Crouzet, a vécu six mois d’abstinence numérique. « Je ne vivais plus, j’étais tout le temps en train de regarder mon ordinateur, mon smartphone. » L’auteur faisait alors partie des 39,5 % des Français qui considèrent le manque de connection comme « une gêne, un manque » et 55,5 % qui pensent que cela « peut devenir une drogue ». Il évoque « une dictature du temps réel. Petit à petit, on s’est tous imposé un dogme selon lequel il faut répondre au moindre mail dans les vingt-quatre heures. Et pour les tweets, c’est carrément dans la minute ».


Thierry Crouzet raconte, au début, les affres du manque. « Brusquement, vos amis sur
ne vous parlent plus. On se retrouve seul, on s’ennuie. Mais finalement, cet ennui est salutaire : on redevient créatif. » Comble de l’ironie « geek », un récent article du « New York Times » raconte que la grande mode chez les employés d’eBay, Google, Apple, Yahoo est de scolariser ses enfants à la Waldorf School of the Peninsula, au cœur de la Silicon Valley, où les souris, écrans, tablettes sont bannis au profit de la poterie, du dessin, du tricot.

L’étude pointe aussi une autre population de « déconnectés choisis » : ceux qui se méfient des réseaux sociaux, redoutent qu’on utilise leurs données personnelles… Ils seraient plus de 3,6 millions, soit 7,1% de la population. Il y a aussi les « déconnectés subis ». Ils seraient près de 4 millions : plus d’1,9 million (3,8% de la population) faute de moyens et un peu plus de 2 millions du fait de leur âge avancé (4% de la population). Au total, presque 12,4 millions de Français âgés de 11 ans et plus ne se sont pas connectés à Internet durant le dernier mois. Soit 22,8% de la population. .


* Qui repose sur l’étude de référence en matière de consommation Simm-TGI de Kantar Media auprès de 15 000 individus répresentatifs des 50 millions de Français de plus de 15 ans.


« Je ne veux plus qu’on me retrouve »


Inès Daigney s’est intéressée de près à Facebook. Puis, peu à peu, cette chargée de mission en santé publique, dotée d’un fort caractère, a pris le réseau social en grippe. « Ça accentue le côté égocentrique qu’on a en nous et pousse à la moquerie, aux commérages, analyse la jeune femme. A propos de ses pseudo-amis, on se dit : Ah tiens, celui-là, il est en couple, comment il a fait pour trouver quelqu’un. Ou bien : Celle-là, elle vient d’avoir un bébé, et il est très moche. »


Inès s’inquiétait de l’utilisation qui aurait pu être faite de son profil, de ses photos. Du coup, elle a trouvé une parade pour « disparaître de Facebook ». « Je ne voulais pas qu’on puisse retrouver une trace de mon existence passée sur le réseau social en tapant mon nom dans Google. Alors j’ai transformé ma photo, converti mon profil en coréen et tapé un mot de passe au hasard sur le clavier pour être sûr de ne jamais pouvoir y retourner. »


En dehors de Facebook, Inès continue de se connecter au bureau, pour son travail. Mais à la maison, elle a bel et bien décroché. « J’ai résilié Internet il y a un an, lorsque j’ai déménagé. » Il y a des moments un peu difficiles où surfer lui manque. Elle admet aller parfois se connecter chez ses parents. Mais trouve « plus sympa de se retrouver le soir à discuter plutôt que de surfer sur le Net ». Son petit ami, lui, n’a pas décroché de son smartphone. « Il n’est pas accro mais il surfe un peu trop à mon goût. Je suis obligée de lui faire des remarques en vacances. »


« Il faut s’imposer soi-même des limites »


Avant d’avoir des enfants, Barbara et Richard Partouche ne « décrochaient » jamais vraiment. « Il faut dire que, dans le métier d’agent immobilier, on est inondé de mails. Les gens sont pressés, ils veulent visiter tout de suite », explique Barbara. « Il y en a même qui appellent en pleine nuit après avoir vu une annonce sur le Net », ajoute son mari, Richard. Du coup, quand leurs deux filles, Anouk, aujourd’hui âgée de 2 ans et demi, et Rachel, 1 an, sont arrivées, ils ont décidé d’éteindre leurs smartphones le soir « pour avoir une vraie vie de famille ».


« C’était devenu insupportable, quand nous étions à table avec les enfants, d’entendre la petite sonnerie annonçant un nouveau mail… On se sentait obligés de se précipiter pour regarder : ça nous démangeait les doigts… » Alors, ils ont instauré des règles de vie claires : « Je coupe l’iPhone dès que je rentre avec les enfants, à 19 heures. » Barbara et son mari avouent toutefois jeter un œil aux mails importants vers 21 heures avant de redébrancher pour passer la soirée tous les deux. Ils sont ravis de ce nouveau mode de vie : « Avant, on était tous les deux scotchés à notre iPhone. On commençait une conversation, on était interrompus, et puis du coup, après, on ne reprenait jamais cette conversation. Il faut s’imposer soi-même des limites sinon on est pris au piège des nouvelles technologies. » Cet été, Richard a même tenté une expérience : « Je n’ai pas allumé mon smartphone de toutes les vacances! »

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